dimanche 31 juillet 2016

DU FOND DE L'ABÎME...

Quand on est naturellement empathique (c'est mon cas) et qu'on n'a pas le sens de la mesure (c'est aussi mon cas), cette qualité, l'empathie, devient quelque part un défaut. Je pensais pouvoir facilement me mettre des barrières, Je l'ai fait pendant des années. Malheureusement, j'ai perdu cette capacité il me semble.

Je ne me suis jamais posé comme meilleur que les autres parce que je ne le suis pas. J'ai essayé (et réussi longtemps) à être bête, froid et distant... jusqu'au jour où j'ai décidé d'être honnête avec moi-même et avec les autres. Ça été long, ça souvent été difficile, très difficile.

Ces temps-ci j'en subis les résultats. Là non plus, ce n'est pas facile. Je sais, je sais... Réaction disproportionnée, manque de jugement... N'empêche que le résultat est là. Et il n'est ni amusant, ni drôle...

En psychologie, l'empathie est la capacité de ressentir les émotions, les sentiments, les expériences d'une autre personne ou de se mettre à sa place. 

Et voilà... Mon problème il est là... Il a toujours été là d'ailleurs. Ressentir dans son émotivité... Vivre les sentiments des personnes... Encore plus aigü depuis juillet.

Ce qui s'est passé et se passe encore en Turquie... Quand je pense à toutes ces personnes qui sont brutalisées, qui sont torturées et violées de la pire des façon, je le vis...

C'est dans mon esprit, dans mon émotivité, ça me noue l'estomac, ça m'affecte physiquement, ça me déchire...

Je sais que c'est moumoune et c'est pour ça que je me suis fait et mis des masques superposés pendant des années. Je ne voulais pas me faire faire mal par rien ni personne... Et j'y réussissais très bien. J'en avais déjà de reste des frustrations ... Mais sale petit con, moron fini, je me suis mis en danger et malheureusement, mais, comme dans une chanson de Piché, «yé trop tard pour virer d'bord». Endure, le cave! Tu l'as voulu... Endure pis assis toé su ton mal!

Encore une moumounerie en passant, c'est extrêmement douloureux écrire ça. Faut aller fouiller avec 2 fourchettes pour faire de l'effiloché avec de la viande trop tendre... Certains diraient, peut-être avec raison, de la viande de tapette... Maybe!

Je me sens tellement fatigué... tellement fatigué... Ce serait comme plaisant que ça s'arrête là, comme ça... Mais là encore, chu trop pissou pour faire ce qu'il faut. Je vais continuer à me conter des menteries en me disant que peut-être demain ça va aller mieux... Pi le pire c'est que je vais me forcer pour y croire... Hostie de con!

Pis pas intelligent plus qu'y faut avec ça! Pour me changer les idées je me télécharge Outlander Le Tartan et le Chardon en me disant: «Ça va me faire du bien... Je n'en ai vu que quelques-uns mais au moins je vais savoir comment ça finit.» Ben ça ma rachevé ben raide. Mon cerveau et mon intelligence savent que c'est du cinéma... Qu'il n'y a rien de vrai... Mais la crisse d'empathie avec les personnages a pris le dessus... Parce que c'est heavy en tabarnak! Automatiquement Claire et Jamie sont entré violemment dans mon affectivité et mon émotivité. Ça s'imprègne et ça reste longtemps.

Et voilà où j'en suis rendu. Je me sens dans une espèce de nowhere, de vide sans trop de références pour me définir comme personne... D'où le besoin de prendre un break de ce qui me détruit petit à petit. Si j'avais encore les mêmes moyens que lorsque je travaillais, je serais probablement saoûl 24 heures par jour, juste pour endormir le mal. Mais les sous je les ai pu... Ça fait que je viens pleurnicher sur mon blog... Ça change rien dans le fond... Le fait de le dire élimine rien du tout... Ça fait juste brasser des affaires... brasser d'la marde genre.

Je feel cheap... hyper cheap... Comme une navire qui n'attends que de couler mais l'hostie de bateau y coule pas... C'est ça que t'as choisi... Ben endure!

Je me sens tellement comme si j'avais écrit le Psaume 131. «Du fond de l'abîme, je crie vers...» 



samedi 30 juillet 2016

ALLER-RETOUR

JE PARS? JE RESTE?


J'avais annoncé sur Facebook que je pensais mettre fin à ce blog, faute d'intérêt de potentiels lecteurs. Même si j'aime écrire, le but premier d'un auteur est d'être lu. es ami-es  m'ont conseillé de continuer. Ils sont lecteurs et il semble que ce que je dis n'est pas totalement dénué d'intelligence.

Mais faire ce genre d'exercice demande une certaine discipline. Mon but au départ, et ce l'est toujours, était de réfléchir sur l'actualité nationale et internationale. Pour ce faire, il faut effectuer des recherches, de forger une opinion qui soit le moindrement réfléchie et qu'on peut asseoir sur des faits. Donc on passe beaucoup de temps à éplucher les journaux et les sites d'informations pour peser le pour et le contre, essayer de discerner le vrai du faux.

DÉMARCHE DOULOUREUSE?

Une amie m'a dit qu'elle admirait ma ''douloureuse démarche''. Et elle l'est. Je trouve très difficile de voir ce qui se passe en ce moment sur notre planète, et quand je dis voir, je veux dire voir... Je pourrais mettre des photos et vidéos à l'appui de tout ce que j'avance ou à peu près. Pour dire les vraies affaires, j'ai besoin de voir les vraies affaires mais pas nécessairement les montrer, ce que je n'ai fait qu'une fois et ne referai plus. Des images crues, dures, graphiques c'est difficile  à regarder. Mais il faut que je le fasse pour être honnête avec moi-même et avec ceux et celles qui me lisent. 

MANQUE DE VARIÉTÉ

J'admets que depuis le début, les mêmes sujets reviennent constamment: les futurs achats d'appareils destinés à l'armée de l'air canadienne; les élections états-uniennes et le situation politique en Turquie. Mais, à mon avis, les deux derniers items sont tellement gros et importants que je ne peux pas passer à côté. Dans l'un comme dans l'autre, il est question de dérive qui touchent des sociétés entière. Le trouve d,une extrême importance d'en parler et de réfléchir là-dessus pour renseigner, non pour informer car je n'ai pas la prétention de faire du journalisme, loin de là.

STYLE

On m'a également conseillé de ''raffiner'' mon style. Il est vrai que j'écris de façon plutôt ''énergique" sans trop donner dans les nuances. Il faudra que j'y porte attention. Dans la même venue, ce n'est pas utile de traiter quelqu'un de trou de cul et de moron fini. Ça n'apporte absolument rien au texte. C'est en nuançant que je pourrai faire un portrait exact des personnes.

EN TERMINANT...

Je ne mettrai plus mes publications sur Facebook. Par contre, je signalerai toute nouvelle publication qui pourra être consultée via le lien aujourlejour-alain.blogspot.com. Je vous encourage également à laisser vos commentaires. J'en ai besoin pour améliorer la forme et le contenu...

jeudi 28 juillet 2016

PENDANT DE TEMPS EN TURQUIE - 2

USA


Les Démocrates États-Uniens font campagne pour que The Donald ne soit pas élu comme président des USA. Ils devront travailler fort car cet immense incompétent a de fortes chances de l'emporter. 

ALLEMAGNE



Angela Merkel ne reculera pas. Malgré les attaques terroristes en Allemagne,  elle plaide pour un pays ouvert, accueillant et généreux.


TURQUIE

Sur les médias sociaux ont commencé à paraître des photos qui montrent de quoi à l'air, en Turquie, la démocratie et l'État de droit de son président Erdogan. Ces images sont dures, très dures.

Dès le 15 juillet, Erdogan a envoyé ses sauvages barbares massacrer et tuer dans les rues d'Istambul. Des soldats, qui étaient pourtant sans arme et qui s'étaient déjà rendus ont été battus,torturés, pendus, égorgés et même décapités dans la plus pure tradition de Daech.


Même des adhérents à des partis d'oppositions ont eu à subir la même chose (attention image très graphique)




La suite des événements, même si les assassins du 16 juillet semblent avoir terminé leur sale besogne, est bien mise en place. La démocratie d'Erdogan continue à sévir. Dans les prisons, des milliers de personnes sont journellement battues, humiliées, torturées, violées avec des longs bâtons que les policiers prennent pour contrôler les foules ou tout simplement des manches de balais.


L'Europe et les É. U. ont-ils raison de s'inquiéter? Oui! La Grèce devrait-elle accorder l'asile politique à ceux qui s'y sont réfugié? Oui! Les É. U. obéir à de demande d'extrader Gülen? Non! La Turquie mérite-t-elle de faire partie de l'Union Européenne? Non! De toute façon, poser les questions c'est y répondre.

Erdogan est en train d'éradiquer tout ce qui est contre son pouvoir qu'il désire absolument absolu. Cependant, il n'est élu que par une faible majorité. Beaucoup, même de son propre parti, et parmi la population,  commencent à comprendre que le  vrai coup d'État, ce n'est pas ce qui s'est passé le 15 juillet, mais plutôt ce qui s'est passé le 16, avec le début de la purge...  Trop rapide, trop ciblée, trop radicale... Comme si tout était prévu et orchestré... Et beaucoup de Turcs, qui aspirent à la démocratie et non à un État islamiste, ne sont peut-être pas prêts à jouer le jeu indéfiniment. Surtout que c'est à prévoir que peut-être plus de 10 milles personnes seront exécutées s'il réinstaure la peine de mort, ce qui signera son éjection définitive de l'Europe et peut-être de l'O.T.A.N. Quel interlocuteur international aura-t-il alors? La Russie? La Turquie a besoin de fonds et la Russie n'en a pas.

48% de la population n'a pas voté pour lui lors des dernières élections. Il ne peut imposer le silence à la moitié de la population de la Turquie indéfiniment. Erdogan vient de décapiter la ligne de commandement de son armée, de sa marine et de son aviation du tiers de son effectif. Il vient d'incarcérer et/ou de licencier 10% des forces armées turques.  Les Kurdes tenteront d'en profiter (ils ont déjà commencé d'ailleurs). Daech le fera-t-il? Peut-être, c'est une probabilité. À sa place, je serais bien prudent avant de clamer victoire... 

Un jour, plus ou moins lointain, il aura à faire face à ses actes de barbarie, de sauvagerie et les assumer. Il se déclare démocrate, respectueux de l'État de Droit, mais c'est par personnes interposées qui torture, qu'il viole et qu'il assassine. Un jour, on lui présentera la facture et il faudra qu'il la paie... et devant ses pairs et son peuple et devant Dieu.

samedi 23 juillet 2016

PENDANT CE TEMPS, EN TURQUIE...

Avec le fou qui a tué des adolescents dans un centre commercial en Allemagne, la saga surréelle de de Trump au É.U., les grands réseaux d'information ont délaissé l'écrasement de la démocratie en Turquie... de quoi réjouir Erdogan. Il peut maintenant agir à sa guise sans trop avoir à répondre de ses actes ou à les justifier devant la communauté des nations.


Depuis le coup d'État, il a multiplié les mesures punitives contre des dizaines de milliers de personnes, militaires, journalistes, universitaires, éducateurs, membres de divers ministères, fermé les organes de diffusion, les écoles, universités, institutions de santé qui sont jugés anti-gouvernementaux, donc terroristes. Il s'est donné les moyens d'exercer le pouvoir d'une façon absolue. Mais déjà, certains rapports font preuve de maltraitances et de tortures dont sont victimes les personnes placées en garde à vue. Il ne lui reste qu'un pas à franchir, le rétablissement de la peine de mort, ce qu'il fera à n'en pas douter une seule seconde. 

Mais, peut-être ne s'en doute-t-il pas ou s'en moque-t-il totalement, sa crédibilité, face à l'Union Européenne, l'OTAN et les États-unis n'a jamais été à un plus bas niveau, tout comme l'économie de son pays qui est en chute libre depuis le coup d'état.

Sa position internationale est également en péril. Les pourparlers concernant la demande à la Turquie de faire partie de l'Union Européenne achoppaient principalement sur les droits de la personnes. S'il ose rétablir la peine de mort, sa demande d'inclusion à l'Europe sera automatiquement rejetée. Sa participation à l'OTAN sera aussi remise en question. Ce qui aggravera encore davantage l'économie turque, le manque de confiance diminuant ou stoppant les investissements et le tourisme étrangers dont la Turquie a désespérément besoin pour maintenir son économie à flot.

Première constatation des journalistes politiques de tous les continents, la réplique d'Erdogan a été rapide, très rapide, trop rapide. Dans l'espace de 25 heures, il y avait déjà plus de 5000 personnes d'arrêtées. Il fallait OBLIGATOIREMENT qu'il y ait des personnes ciblées d'avance, des milliers de personnes.Selon plusieurs, le vrai coup d'État n'est pas celui qui a raté, mais celui planifié et monté de toute pièce par Erdogan qui n'en est pas à un assassinat près. Plusieurs personnes sont disparues mystérieusement depuis sont arrivée au pouvoir. Si la peine de mort a été officiellement abolie, il n'en reste pas moins qu'officieusement...

De là à déduire que le «coup d'État» a été commandé, monté et fait par volonté d'Erdogan, il n'y a qu'un pas que la logique des événements a permis à plusieurs de franchir.

Cette «dérive» autoritaire, qui est contraire au concept politique de la démocratie, se préparait depuis plusieurs années. Depuis 2012, il y  un durcissement du pouvoir. Répressions contre des groupes de manifestants, arrestations de dizaines de journalistes pour toutes sortes de motifs... Un journaliste ou un universitaire qui critique le régime est aussitôt mis en prison ou du moins renvoyé de son emploi et muselé.

Pour l'instant, on peut dire sans se tromper que la Turquie est devenue une dictature de fait alors que les partis d'opposition sont de plus en plus muselés, puisqu'aucune opposition, aucune critique ne peuvent se faire sur la place publique. Mais, croit le politicologue M. Juneau, le pays de 80 millions d'habitants est une société civile assez développée, avec un milieu d'affaires très sophistiqué,des partis d'opposition bien implantés et environ 50% (ie. 48%) n'a pas voté pour Erdogan, donc son pouvoir n'est pas illimité. Nous verrons...

Tous les Turcs condamnent le coup d'État raté. Mais, si Erdogan paraît être vainqueur, il n'en demeure pas moins qu'il est et deviendra de plus en plus isolé, Plusieurs membres de la base de son parti commencent à se poser de sérieuses questions sur le bien-fondé de l'ampleur de la purge, sentant bien qu'eux aussi, à plus ou moins brève échéance, ne seront plus à l'abri de quoi que ce soit. Il s'est mis a dos les États-Unis (qui utilisent une base turque, Incirlik, d'où il s'envolent pour bombarder ISIS et où ils entreposent des armes nucléaires), qui l'ont averti que sa position dans l'OTAN n'était pas garantie sans respect des droits de l'homme, même chose pour l'Union Européenne qui fermera automatiquement le dossier de la demande turque d'adhésion à l'Union Européenne en cas de rétablissement de la peine de mort, les Russes parce que la Turquie est membre, pour l'instant, de l'OTAN, Israël pour de multiples raisons... en plus d'avoir une économie en chute libre qui a besoin d'apport de fonds d'investisseurs étrangers et du tourisme international, qui a baissé de 50%, avec une armée privée de la majeure partie de son commandement et de milliers de soldats, donc incapable de défendre le pays contre une agression étrangère, certains pensent, que tôt ou tard, il connaîtra le même sort que Kadhafi.







vendredi 22 juillet 2016

QUESTIONNANTE AMÉRIQUE

Amérique?

Pour une fois, j'utilise le terme Amérique pour nommer ce pays qui est au sud du mien et au sud du Canada et je le fais pour une raison très simple. Les États-Uniens eux-même sont convaincus que l'Amérique ce sont les États-Unis. Le reste du continent, nous sommes des quantités négligeables. Ils sont «le plus meilleur» pays de la planète, bien sûr.

Défaut d'intelligence?

Peut-être ai-je une intelligence déficiente, mais je ne comprends pas! Comment des gens intelligents peuvent-ils désirer ça comme président de l'une des nations les plus puissantes de l'univers?



Un homme qui a bâti sa campagne en dénigrant tous ses adversaires mais n'acceptant aucune riposte. Un homme qui n'a aucune expérience de la politique, autant intérieure qu'internationale. Un homme qui  tenu des propos racistes, discriminatoires, isolationistes, disant quelque chose un jour et le contraire le lendemain. Un homme qui dit n'importe quoi. Je ne comprends pas...  Et lui-même, est-il si intelligent?

Une société de droite?

Sans l'ombre d'un doute... Même si on peut dire, à la rigueur que le parti démocrate est un parti de centre un petit peu à gauche. L'administration Obama a fait son énorme possible pour passer des lois en faveur de tous les États-Uniens spécialement les plus pauvres. Tout ou presque a été bloqué par les législateurs qui sont républicains en majorité. Et il est reconnu que les Républicain, c'est la droite et l'extrême-droite états-uniennes. Or, la droite, c'est aussi connu, ne travaille pas pour ni l'intérêt ni le bien commun, mais pour ses intérêts et biens (financiers) à elle.

La NRA

La National Rifle Association (association nationale des armes à feu) est un lobby extrêmement puissant. important pourvoyeur de fonds du Parti Républicain, qui préconise le libre achat et la possession d'une ou de plusieurs armes pour leur défense personnelle en invoquant le 2e amendement de la constitution américaine. Ce qui permet à un mineur de s'acheter un fusil de chasse sans problème mais pas une bouteille de bière ou une revue porno... Cherchez l'erreur!


Clinton?

Si, et de loin, Hillary Clinton est un meilleur choix politique ne fut-ce que par son expérience, son élection n'est pas assurée pour autant. Être l'épouse de Bill Clinton n'a pas que des avantages. Elle peut compter sur la majorité des hispano-états-uniens, sur la majorité des afro-états-uniens  mais elle perd les électeurs du Bible Belt qui sont pratiquement tous d'extrême-droite  des chômeurs, pour ne pas dire tous ceux qui ont été victimes des vétos des républicains quand Obama essayé  d'améliorer leur sort. Ce qui ne veut pas dire que les Démocrates soient au-dessus de tout blâme. En politique, il y a toujours de sales magouilles, quel que soit le parti.

En terminant...

Voici ce que je pense. Est-ce que Trump a vraiment des chances d'être élu président? Oui! Mais Clinton aussi. Si Clinton est élue, on continuera dans la veine d'Obama. Si c'est Trump, il se peut que ce soit la fin des Etats-Unis tels que nous les connaissons. Des États-Unis plus à droite, isolationniste, avec encore plus d'armes en circulation et plus de preachers, plus de racisme envers les noirs, les hispanos et les musulmans, plus aucune entente internationale sauf à l'avantage des É-U., peut-être même la disparition de l'OTAN au pire...  On verra bien mais ne souhaitons pas le pire. Même si les États-Uniens deviennent de plus en plus gros et lettes, il ne méritent quand même pas ça.



lundi 18 juillet 2016

PAUVRE HUMANITÉ...

Je suis un visuel. Même si je n'ai pas besoin de voir pour croire, j'ai besoin de voir pour ressentir, pour être touché par les sentiment et les émotions que tel ou tel événement génère...

Au départ, je ne suis pas anti Islam, loin de là. Le christianisme aurait avantage à connaître et à apprendre e cette religion. Par contre, je suis profondément anti-islamistes radicaux. Ce mouvement «qui se dit» religieux, n'a aucune espèce de relation ni avec le Coran, ni avec le Prophète, ni avec Dieu.

Je suis un visuel, ais-je dit. C'est pourquoi j'ai voulu voir... Voir brûler vif le pilote jordanien capturé par Daech, voir décapiter l'otage (le premier des deux) canadien aux Philippines, voir le camion foncer dans la foule à Nice...

Et en dernier lieu, voir les partisans d'Erdogan, l'assassin par procuration, s'attaquer sauvagement à des soldats sans armes. Ils ont lynché, égorgé et même décapité dans la plus pure tradition de Daech, Cela a fini de tuer toute la confiance que j'avais en l'humanité.

À n'en pas douter, ce salaud fera réinstaurer la peine de mort pour se débarrasser définitivement de centaines, voire de milliers de personnes qui ne veulent pas d'un état religieux mais un état laïc où leurs droits seront respectés.

Et nous, sociétés occidentales, on regarde ça inquiets certes, mais en étant muets et sans réaction. Bien sûr,  on dit de belles choses sur les médias sociaux, on dit notre solidarité... Mais, qu'est-ce que ça change? De toutes mes pensées positives, mes beaux mots, le soldat qui s'est fait battre sauvagement, le soldat ou l'avocat ou le juge qui va attendre bientôt de se faire fusiller ou pendre dans le meilleur des scénarii, ce soldat là, y s'en câlisse... il attend avec appréhension qu'on l'exécute...

Qu'est-ce qu'on fait nous, à part parler inutilement? Rien... La Turquie veut faire partie d l'Europe. Faire partie de l'Europe avec des valeurs qui ne sont pas européennes? Avec des valeurs islamistes radicales et terroristes? No way!

Pour les gouvernements de ce monde, rien ne changera. On va se mettre à genoux devant la Turquie parce qu'on a besoin de ce qu'elle possède. Pendant ce temps, une grande partie du peuple turc, laïc, continuera à vivre dans la peur et l'insécurité. Erdogan continuera à asseoir son pouvoir personnel par la peur et l'assassinat. Qu'on ne se fasse pas de peur, la vie de quelqu'un pour Erdogan, ce n'est absolument rien, ça ne compte pas. Il envoie ses sympathisants torturer et tuer à sa place... mis c'est lui qui donne les ordres. Il est aussi criminel contre la personne que les gens qu'il envoie.

La Turquie un état de droit? La Turquie un état démocratique?  Ben voyons donc! Chez nous, les juges de la Cour Suprême prennent des décisions qui influent sur la gouvernance du pays. En Turquie, le président et son liche-cul de premier ministre en font arrêter des centaines qui seront probablement condamnés à mort. En anglais on qualifie Erdogan de «ruthless», sans pitié, impitoyable. C'est démocrate, ça?

Ce sont des choses comme ça, et j'inclus la chasse aux officiers de police qui a présentement cours aux États-Unis (ce serait peut-être un autre bon moyen d'éliminer Daech, la chasse aux djihadistes) qui font que je ne crois plus en l'humanité.

J'ai cru longtemps aux belles phrases, aux beaux mots, aux paroles de solidarité. Après avoir vu tant de violence aveugle, de sauvagerie, de barbarie infligées à des êtres humains par d'autres êtres humains, non, je ne crois plus en l'humanité.

Tout ça pour le pouvoir... juste pour le pouvoir. Et le meilleur moyen de prendre le pouvoir et de le conserver, c'est de se débarrasser définitivement de tous ceux et celles qui représentent un obstacle, n'est-ce pas?  Erdogan a mis la machine en route.  Pour quel(s) résultat(s)s en bout de ligne? La paix sociale? Oubliez-ça! La guerre civile... À prévoir dans quelques années, peut-être,

Erdogan a trahi la Turquie créée par Kemal Atatürk, créateur de la Turquie moderne et laïque. Lui ou ses successeurs auront un jour à en payer le prix. Saddam Hussain, Mouammar Kadhafi, ça vous rappelle quelque chose?


PAUVRE HUMANITÉ...

Je suis un visuel. Même si je n'ai pas besoin de voir pour croire, j'ai besoin de voir pour ressentir, pour être touché par les sentiment et les émotions que tel ou tel événement génère...

Au départ, je ne suis pas anti Islam, loin de là. Le christianisme aurait avantage à connaître et à apprendre e cette religion. Par contre, je suis profondément anti-islamistes radicaux. Ce mouvement «qui se dit» religieux, n'a aucune espèce de relation ni avec le Coran, ni avec le Prophète, ni avec Dieu.

Je suis un visuel, ais-je dit. C'est pourquoi j'ai voulu voir... Voir brûler vif le pilote jordanien capturé par Daech, voir décapiter l'otage (le premier des deux) canadien aux Philippines, voir le camion foncer dans la foule à Nice...

Et en dernier lieu, voir les partisans d'Erdogan, l'assassin par procuration, s'attaquer sauvagement à des soldats sans armes. Ils ont lynché, égorgé et même décapité dans la plus pure tradition de Daech, Cela a fini de tuer toute la confiance que j'avais en l'humanité.

À n'en pas douter, ce salaud fera réinstaurer la peine de mort pour se débarrasser définitivement de centaines, voire de milliers de personnes qui ne veulent pas d'un état religieux mais un état laïc où leurs droits seront respectés.

Et nous, sociétés occidentales, on regarde ça inquiets certes, mais en étant muets et sans réaction. Bien sûr,  on dit de belles choses sur les médias sociaux, on dit notre solidarité... Mais, qu'est-ce que ça change? De toutes mes pensées positives, mes beaux mots, le soldat qui s'est fait battre sauvagement, le soldat ou l'avocat ou le juge qui va attendre bientôt de se faire fusiller ou pendre dans le meilleur des scénarii, ce soldat là, y s'en câlisse... il attend avec appréhension qu'on l'exécute...

Qu'est-ce qu'on fait nous, à part parler inutilement? Rien... La Turquie veut faire partie d l'Europe. Faire partie de l'Europe avec des valeurs qui ne sont pas européennes? Avec des valeurs islamistes radicales et terroristes? No way!

Pour les gouvernements de ce monde, rien ne changera. On va se mettre à genoux devant la Turquie parce qu'on a besoin de ce qu'elle possède. Pendant ce temps, une grande partie du peuple turc, laïc, continuera à vivre dans la peur et l'insécurité. Erdogan continuera à asseoir son pouvoir personnel par la peur et l'assassinat. Qu'on ne se fasse pas de peur, la vie de quelqu'un pour Erdogan, ce n'est absolument rien, ça ne compte pas. Il envoie ses sympathisants torturer et tuer à sa place... mis c'est lui qui donne les ordres. Il est aussi criminel contre la personne que les gens qu'il envoie.

La Turquie un état de droit? La Turquie un état démocratique?  Ben voyons donc! Chez nous, les juges de la Cour Suprême prennent des décisions qui influent sur la gouvernance du pays. En Turquie, le président et son liche-cul de premier ministre en font arrêter des centaines qui seront probablement condamnés à mort. En anglais on qualifie Erdogan de «ruthless», sans pitié, impitoyable. C'est démocrate, ça?

Ce sont des choses comme ça, et j'inclus la chasse aux officiers de police qui a présentement cours aux États-Unis (ce serait peut-être un autre bon moyen d'éliminer Daech, la chasse aux djihadistes) qui font que je ne crois plus en l'humanité.

J'ai cru longtemps aux belles phrases, aux beaux mots, aux paroles de solidarité. Après avoir vu tant de violence aveugle, de sauvagerie, de barbarie infligées à des êtres humains par d'autres êtres humains, non, je ne crois plus en l'humanité.

Tout ça pour le pouvoir... juste pour le pouvoir. Et le meilleur moyen de prendre le pouvoir et de le conserver, c'est de se débarrasser définitivement de tous ceux et celles qui représentent un obstacle, n'est-ce pas?  Erdogan a mis la machine en route.  Pour quel(s) résultat(s)s en bout de ligne? La paix sociale? Oubliez-ça! La guerre civile... À prévoir dans quelques années, peut-être,

Erdogan a trahi la Turquie créée par Kemal Atatürk, créateur de la Turquie moderne et laïque. Lui ou ses successeurs auront un jour à en payer le prix. Saddam Hussain, Mouammar Kadhafi, ça vous rappelle quelque chose?


vendredi 8 juillet 2016

OUSQU'ON S'EN VA?


Retour du balancier?

Il semble que la chasse à l'officier de police blanc se soit ouverte hier soir. 12 officiers tirés (blessés), 5 tués. Vouloir faire une analogie je dirais que la situation est la même que dans les beaux jours du KKK sauf que maintenant, les Afro-États-Uniens ne ne laissent pas faire et répliquent.

Mais, il faut bien le dire, il semble que l'assassinat gratuit de 2 Afro-États-Uniens par des policiers blancs ne soit pas des cas isolés. On s'engage sur la voie de la Loi du Talion : oeil pour oeil, dent pour dent mais au multiple. Tu tues 2 noirs, je tue 5 blanc... Si l'État ne fait rien, ne prends pas de mesures adéquates, le mouvement ira en s'amplifiant, dressant race contre race. Dans ce cas, ce serait la porte ouverte à la guerre civile.

Guns, guns, guns...

Doit-on s'étonner que de telles choses se produisent dans un pays où littéralement n'importe qui peut se procurer légalement une arme. J'en veux pour preuve quelque chose que j'ai vu sur YouTube. Un jeune de 12 ans, accompagné de son père qui ne dit pas un mot, essaie sans succès de se procurer des cigarettes ou de la bière. Par contre, il est ressorti d'une boutique spécialisée avec une arme à feu dûment et légalement achetée dans les mains. Trouvez l'erreur!

La religion...

Je trouve étonnant que les plus féroces opposants à toute législation visant à contrôler et posséder des armes à feu soient des républicains, la majeure partie chrétiens de toutes dénominations, votant à droite de génération en génération. Le problème avec la droite états-unienne c'est qu'elle s'appuie toujours sur quelque chose qui n'a pas évolué dans le temps. Le 5e Amendement de la Constitution états-unienne date du XVIIIe siècle sans aucune altération depuis. Ceux qui se disent Républicains y font référence en le prenant au pied de la lettre. Bien des choses en changé depuis l'adoption de la dite Constitution. Les Républicains sont foncièrement moralement malhonnêtes tout chrétiens qu'ils soient, d'où mon étonnement. Mais sont-ils seulement chrétiens? L'enseignement du Christ ne demande-t-il pas d'aimer son prochain, ce qui veut dire aussi en prendre soin dans la mesure de nos capacités? Hors les Démocrates ne votent que pour les lois qui avantagent les millionnaires et les milliardaires (donc eux-mêmes), les multinationales hyper riches et les compagnies pétrolière. Toutes les lois «sociales» du gouvernement démocrate ont été battues ou priées des éléments les plus importants et nécessaires concernant le bien-être du peuple. Le but premier du parti des ces sépulcres blanchis c'est de gouverner pour s'enrichir...


En terminant...

Je n'ai jamais caché mon option politique pour l'indépendance. Par contre, il y comme un certain respect à avoir pour les Canadiens, le monde qui reste de chaque bord du Québec, qui ne sont pas devenus, comme les États-Uniens, si fascinés par les armes à feu, qui ne sont pas si à droite, qu'il n'y ait pas d'ethnie qui se place en supériorité sur les autres, comme Trump le prêche indirectement quand il parle des Mexicains et des Musulmans. 

Down with de GOP... Down with guns and assault rifles...



jeudi 7 juillet 2016

D'HIER À AJOURD'HUI: vécu ecclésial

À 34 ans, en quête d'un inatteignable absolu, j'ai quitté mon emploi, et ma sécurité financière, pour «vivre en Eglise». Pauvre fou! Je suis (à tout le moins, j'aurai essayé) devenu moine. Pendant presque 10 ans, j'ai vécu la vie communautaire cloîtrée. 



Y ai-je trouvé l'objet de ma quête? De toute évidence non. Pour mon grand malheur j'ai la pensée plutôt libre et l'éducation humaniste des Frères de l'Instruction Chrétienne y a contribué en grande partie. La vie monastique me convenait très bien dans le cadre et le travail, mais pas le genre d'absolu qu'on y enseigne aux novices et profès temporaires. L'uniformité de pensée, les référence majeures du XIXe siècles qu'on nous demandait de s'approprier, la dénégation de ce qu'on était et portait comme personne humaine... La vie dévote, non merci! De mon groupe de novices (1984) 1 seul est resté. Depuis ce  temps (1984) même si beaucoup de personnes se sont essayées, je crois que 3 seulement ont persévéré, pour des raisons qui leur appartiennent. Tant mieux si elle ont réussi à y faire leur bonheur.

J'en suis finalement sorti... pour tomber dans pire : le Grand Séminaire. Pour faire une histoire courte, disons que j'en suis aussi sorti, ayant clairement vu et compris comment, pour fonctionner dans l'église, il fallait faire concessions après concessions et quelque part, avoir un peu de cette malhonnêteté de bon aloi qui fait qu'on est capable de de cacher qui on est pour pouvoir arriver à ses fins. Mais comme j'avais terminé mon bac et ma maîtrise, et étant devenu quinquagénaire, que pouvais-je faire d'autre que de continuer dans la même institution?





















J'étais quand même devenu un bon théologien et je me débrouillais pas trop mal en droit canon et en Histoire de l'Église. Que me restait-t-il alors comme place dans cette Institution? Agent de pastorale laïc ou diacre permanent. Le diaconat ne m'a jamais intéressé. Donc, sans l'avoir choisi, je suis devenu agent de pastorale laïc. Je suis conscient maintenant qu'on ne me l'a fait difficile et je l'avoue, souvent je me suis arrangé pour qu'il en soit ainsi. Cette période a été la plus enrichissante de ma vie. Sûrement à cause de l'emploi! On nous demande des études universitaires (nécessaires j'en conviens) mais on nous paie comme du cheap labor. Ce n'est que quelques années avant la retraite, pas beaucoup d'ailleurs, que j'ai eu droit à un fond de pension.

Par contre, côté relationnel, WOW! Peut-être le fait de n'avoir eu aucune formation en pastorale de terrain m'a-t-il permis de réussir, si on veut bien me passer l'expression. Parce que c'est là que tout se joue, dans les relations. J'ai appris à sortir de mes zones de confort, à être avec, à aider, à seconder, à épauler, quelquefois à décider... J'ai appris, entre autres, à communiquer, à présider des liturgies, bâtir des homélies, à recevoir des familles en deuil, à former des gens dans la joie et sans stress...  Alain a enseigné ça à Alain et il en est mauditement fier.

À la «fin de ma carrière» on me demande de passer du Lac-Saint-Jean (milieu mi urbain, mi rural) à Jonquière (milieu ouvrier et de surcroît dans une paroisse qui en a arraché). L'adaptation a été pénible pour moi comme pour mes confrères et consoeur. Mais, à force de travail personnel de part et d'autre, l'harmonie et le plaisir d'être ensemble sont arrivés. Je pense avoir été un bon agent de pastoral.Ceux et celles qui liront ce blog pourront le confirmer ou non...

Fin de carrière que j'étais peut-être le seul à ignorer d'ailleurs. Il semble que ce qu'on m'avait dit à moi et que ce qu'on avait dit à l'équipe de Jonquière n'ait pas été dans le même sens... En juin 2015, j'apprends en même temps que tous mes consoeurs et confrères de l'équipe pastorale que je prends ma retraite à partir de janvier 2016. No cash, no job... Protégeons les bâtisses et foutons à la porte le personnel pastoral qui tient cette Église à bout de bras! Incompétence pastorale crasse des administrateurs. Tout le monde le sait qu'une blapshème de bâtisse peut faite la même job qu'un APL!

Si c'était à refaire, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS je ne prendrais le même chemin. J'aurait plutôt fait mes études en droit notarial... Je serais en moyens et peut-être élever des chevaux Irish Cobs.



Est-ce que je suis heureux? Non! Est-ce que je suis amer? Oui! Amer contre l'Église...Comment faire confiance à une institution qui traite ses employés si cavalièrement, qui donne l'administration de ses biens à de parfaits incompétents (ils ne le sont pas tous, heureusement). Mais il faut toujours suivre la tradition semble-t-il. Elle fait force de loi. N'est-ce pas vrai?

Tous les agents et agente de pastorales savent qu'avec le salaire qu'on gagne, il est presque impossible de s'en mettre de côté à mois d'avoir un conjoint ou une conjointe qui travaille. À moins de 40, 000.00$/année (brut), on peut juste payer les dépenses courantes: loyer, voiture, nourriture, assurances, vêtements, etc.

Donc on arrive à la retraite avec nos 2 chèques «de vieux», un fond de pension ridicule et that's it, that's all. Est-ce qu'on vit avec ça? Non!

Quand je pèterai au frette, j'aurai une funérailles au salon funéraire, présidée par qui voudra bien ou rien du tout... Ma relation ecclésiale a été rompue depuis le 1er janvier et tous liens de même. Ce qui ne veut pas dire que je n'y conserve pas de précieux amis. Bien au contraire! Même des prêtres! C'est pour dire... Pour consommer le tout, comme panégyrique de retraite, j'ai eu droit à l'énoncé de tous mes «défauts pastoraux» de la part d'un membre éminent du clergé... par amitié paraît-il. Accompagné par un tel ami, ai-j besoin de quelqu'un qui me déteste? Pas vraiment!

Comme on dit: «The game is over»... et moi je suis là où il n'y a pas de salut!

samedi 2 juillet 2016

Texte de Robert Plante - Avril 2015 - dans l'Action Nationale


Éditorial - L'arasement


2015avril250Les Québécois ne vivent plus dans le pays qu’ils pensent habiter. Des mercenaires cravatés, des faux frères aux doctrines funestes et toute une engeance de petits besogneux travaillent à les déporter d’eux-mêmes. Des manœuvres sournoises sapent les bases de ce qui a été construit au fil des générations. Le sentiment d’appartenance ne signifie plus rien à leurs yeux. Une élite démissionnaire s’emploie à éroder les bases de tous les arrangements institutionnels déployés pour soutenir notre existence singulière et notre volonté de durer dans ce que nous voulons être. Le néolibéralisme lui va comme un gant. La négation de l’existence nationale se dissout tellement bien dans le marché ! Toute une cohorte de parvenus s’active à détourner les héritages en se donnant des formules ronflantes pour mieux maquiller son refus de s’assumer, pour jouer à fond la comédie du pragmatisme, pour mieux consentir à se soumettre à la minorisation définitive qui chaque jour nous oblitère davantage.
On la trouve partout, cette camorra de la déloyauté. Dans la classe politique, au premier chef, mais aussi dans toutes les grandes institutions nées pour porter notre différence et servir notre intérêt national. C’est une force montante qui ne contrôle pas encore tout le jeu, mais qui prend ses aises avec les acquis. Les uns s’alignent sur Toronto au nom de la carrière, de l’opportunisme ou de la simple veulerie. Les autres grignotent les positions durement conquises, parvenus honteux de ce qui les a portés et désireux de les transformer en ailleurs pour mieux s’affranchir de la mauvaise conscience qui les ronge dès lors que le contact devient inévitable avec les signes d’une présence qu’ils ne peuvent supporter. Ils transportent leur morgue dans les officines des universités, dans les couloirs des grandes entreprises, dans les structures des grandes coopératives, se répandent à pleines pages dans les journaux pour continuer d’ânonner dans les micros de la radio ou de plastronner à l’écran. Ils se reconnaissent dans les aéroports où le monde leur apparaît d’autant plus vaste qu’ils ne voient le leur que par la petitesse du reniement feutré.
Le peuple ne le réalise pas encore, mais toute une cohorte de ceux et celles qu’il imagine en poste de responsabilité pour bâtir le bien commun et servir l’intérêt national a d’ores et déjà déserté. Les lâches et les profiteurs ont la part belle. L’ordre qui se déploie, l’ordre qui broie le pays réel leur offre de juteuses occasions de trahir, de s’accommoder de la vassalisation et du saccage. Ceux-là qui tournent le dos dès lors qu’il s’agit de se comporter avec un minimum de droiture pour définir, défendre et servir l’intérêt national, ceux-là sont en passe de connaître de beaux jours. Le Canada auquel ils consentent, l’ordre qu’ils acceptent de servir en inventant tous les prétextes qui peuvent servir à maquiller la démission a besoin d’eux plus que jamais. Le Canada a besoin d’un gouvernement du Québec faible, d’une élite économique prête à consentir à toutes les braderies et d’un fort contingent d’idéologues à gages payés pour jouer les idiots utiles.
Les Québécois s’en doutent certes un peu, mais ils mesurent mal la capacité de nuisance de tous ceux-là qui manquent aux devoirs de leurs charges, qui troquent les privilèges pour mieux se conduire en apatrides chez eux. Et en pions désincarnés dans tous les autres univers où leurs intérêts les portent. Ils crânent devant les chambres de commerce, fanfaronnent en entrevue dans les médias où ils distillent le mépris de soi en levant le nez sur les régionaux, en se prétendant citoyens du monde pour n’avoir point à répondre du leur et prôner les vertus de la déportation. Ils n’ont que faire de la nation tout en se cramponnant au passeport canadien et s’imaginant admis dans les hautes sphères parce qu’ils feuillettent The Economist et ne ratent pas une nouveauté en matière de mots-valises en vogue à Davos.
Le Québec souffre dans une douleur sourde. Sa conscience nationale vacille. Ses forces vives ne se sentent plus vivre, accablées de la démission des petits caporaux qui font du bruit entre deux messages commerciaux. Le Québec languit en ployant sous la démonstration de force et l’arrogance d’un régime bien décidé à le remettre à sa place une fois pour toutes. Pont Champlain, usurpation mémorielle, mépris de la langue, coup de force pétrolifère sur la vallée du Saint-Laurent, superpétroliers sur le grand fleuve, convois ferroviaires toujours plus nombreux, plus dangereux, les sujets ne manquent guère devant lesquels s’agenouillent « les décideurs » qui ne décident rien. Le gouvernement du Québec n’en finit plus de dresser le florilège de la compromission. Il ne demande rien à Ottawa, il lui en offre. Il se fait gloire de lui offrir le renoncement national en preuve de bonne foi. Qui ne ressent point l’humiliation d’un Philippe Couillard qui prêche la gratitude pour consentir au saccage ? A-t-on vu plus servile premier ministre traiter son peuple d’assisté ? Lui promettre de le faire expier son insouciance ?
Les Québécois commencent à deviner que quelque chose ne tourne pas rond derrière tout ce spectacle. Ce n’est pas encore nommé ni clamé sur la place publique, mais nombreux sont ceux et celles qui commencent à découvrir ce que signifie le bris de loyauté. Plusieurs commencent à comprendre que l’autodénigrement en est le symptôme et qu’il révèle un mal de servitude d’une violence d’autant plus sourde qu’une puissante domination idéologique et une guerre de propagande aux méthodes de guérilla psychologique ont ruiné le langage dans lequel la souffrance collective peut se dire.
Malheur pourtant à ceux-là qui dressent l’ordre marchand contre la jeunesse pour mieux lui reprocher son idéalisme. La méthode forte et le refus du dialogue ne cachent pas seulement la rancune à l’endroit d’un printemps érable dont certains voudraient effacer jusqu’au souvenir des réminiscences qu’il a fait lever. Ce sont des gestes de mutilation. Et c’est à cela qu’ils s’adonnent en traquant les assoiffés d’avenir et en cherchant noise aux étudiants plutôt qu’à les convier à faire lever l’horizon. Il y a dans la hargne qui s’exprime à l’endroit de la jeunesse une envie mortifère, celle qui durcit le cœur et l’esprit de ceux-là qui ne peuvent plus rêver ailleurs et autrement que dans ce qu’ils veulent croire qu’il ne sert à rien de voir au-delà de la place que l’ordre établi nous assigne. Ceux-là qui se réjouissent de ce qu’on frappe la jeunesse se comportent comme des lâches qui sifflent dans les cimetières pour se distraire d’avoir à affronter les fantômes de leurs propres peurs. Tout ce qui se dresse et s’élève les ramène à la peur de s’assumer, cette peur qui fournit le carburant essentiel aux forces de l’arasement.
En avril, pourtant, scandée par la clameur des oies blanches qui reviennent, la protestation prendra un nouveau ton. Une volonté de vivre et de s’affirmer dans l’appartenance au territoire commence à s’exprimer dans un Nous que d’aucuns donnaient pour mort. Se dressera dans le chaos que les intendants mortifères cultivent une énergie plus forte que tout ce que les courtiers de l’ordre pétrolifère canadian peuvent imaginer. Nous ne nous laisserons pas faire.