Avec le fou qui a tué des adolescents dans un centre commercial en Allemagne, la saga surréelle de de Trump au É.U., les grands réseaux d'information ont délaissé l'écrasement de la démocratie en Turquie... de quoi réjouir Erdogan. Il peut maintenant agir à sa guise sans trop avoir à répondre de ses actes ou à les justifier devant la communauté des nations.
Depuis le coup d'État, il a multiplié les mesures punitives contre des dizaines de milliers de personnes, militaires, journalistes, universitaires, éducateurs, membres de divers ministères, fermé les organes de diffusion, les écoles, universités, institutions de santé qui sont jugés anti-gouvernementaux, donc terroristes. Il s'est donné les moyens d'exercer le pouvoir d'une façon absolue. Mais déjà, certains rapports font preuve de maltraitances et de tortures dont sont victimes les personnes placées en garde à vue. Il ne lui reste qu'un pas à franchir, le rétablissement de la peine de mort, ce qu'il fera à n'en pas douter une seule seconde.
Mais, peut-être ne s'en doute-t-il pas ou s'en moque-t-il totalement, sa crédibilité, face à l'Union Européenne, l'OTAN et les États-unis n'a jamais été à un plus bas niveau, tout comme l'économie de son pays qui est en chute libre depuis le coup d'état.
Sa position internationale est également en péril. Les pourparlers concernant la demande à la Turquie de faire partie de l'Union Européenne achoppaient principalement sur les droits de la personnes. S'il ose rétablir la peine de mort, sa demande d'inclusion à l'Europe sera automatiquement rejetée. Sa participation à l'OTAN sera aussi remise en question. Ce qui aggravera encore davantage l'économie turque, le manque de confiance diminuant ou stoppant les investissements et le tourisme étrangers dont la Turquie a désespérément besoin pour maintenir son économie à flot.
Première constatation des journalistes politiques de tous les continents, la réplique d'Erdogan a été rapide, très rapide, trop rapide. Dans l'espace de 25 heures, il y avait déjà plus de 5000 personnes d'arrêtées. Il fallait OBLIGATOIREMENT qu'il y ait des personnes ciblées d'avance, des milliers de personnes.Selon plusieurs, le vrai coup d'État n'est pas celui qui a raté, mais celui planifié et monté de toute pièce par Erdogan qui n'en est pas à un assassinat près. Plusieurs personnes sont disparues mystérieusement depuis sont arrivée au pouvoir. Si la peine de mort a été officiellement abolie, il n'en reste pas moins qu'officieusement...
De là à déduire que le «coup d'État» a été commandé, monté et fait par volonté d'Erdogan, il n'y a qu'un pas que la logique des événements a permis à plusieurs de franchir.
Cette «dérive» autoritaire, qui est contraire au concept politique de la démocratie, se préparait depuis plusieurs années. Depuis 2012, il y un durcissement du pouvoir. Répressions contre des groupes de manifestants, arrestations de dizaines de journalistes pour toutes sortes de motifs... Un journaliste ou un universitaire qui critique le régime est aussitôt mis en prison ou du moins renvoyé de son emploi et muselé.
Pour l'instant, on peut dire sans se tromper que la Turquie est devenue une dictature de fait alors que les partis d'opposition sont de plus en plus muselés, puisqu'aucune opposition, aucune critique ne peuvent se faire sur la place publique. Mais, croit le politicologue M. Juneau, le pays de 80 millions d'habitants est une société civile assez développée, avec un milieu d'affaires très sophistiqué,des partis d'opposition bien implantés et environ 50% (ie. 48%) n'a pas voté pour Erdogan, donc son pouvoir n'est pas illimité. Nous verrons...
Tous les Turcs condamnent le coup d'État raté. Mais, si Erdogan paraît être vainqueur, il n'en demeure pas moins qu'il est et deviendra de plus en plus isolé, Plusieurs membres de la base de son parti commencent à se poser de sérieuses questions sur le bien-fondé de l'ampleur de la purge, sentant bien qu'eux aussi, à plus ou moins brève échéance, ne seront plus à l'abri de quoi que ce soit. Il s'est mis a dos les États-Unis (qui utilisent une base turque, Incirlik, d'où il s'envolent pour bombarder ISIS et où ils entreposent des armes nucléaires), qui l'ont averti que sa position dans l'OTAN n'était pas garantie sans respect des droits de l'homme, même chose pour l'Union Européenne qui fermera automatiquement le dossier de la demande turque d'adhésion à l'Union Européenne en cas de rétablissement de la peine de mort, les Russes parce que la Turquie est membre, pour l'instant, de l'OTAN, Israël pour de multiples raisons... en plus d'avoir une économie en chute libre qui a besoin d'apport de fonds d'investisseurs étrangers et du tourisme international, qui a baissé de 50%, avec une armée privée de la majeure partie de son commandement et de milliers de soldats, donc incapable de défendre le pays contre une agression étrangère, certains pensent, que tôt ou tard, il connaîtra le même sort que Kadhafi.

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