À 34 ans, en quête d'un inatteignable absolu, j'ai quitté mon emploi, et ma sécurité financière, pour «vivre en Eglise». Pauvre fou! Je suis (à tout le moins, j'aurai essayé) devenu moine. Pendant presque 10 ans, j'ai vécu la vie communautaire cloîtrée.
Y ai-je trouvé l'objet de ma quête? De toute évidence non. Pour mon grand malheur j'ai la pensée plutôt libre et l'éducation humaniste des Frères de l'Instruction Chrétienne y a contribué en grande partie. La vie monastique me convenait très bien dans le cadre et le travail, mais pas le genre d'absolu qu'on y enseigne aux novices et profès temporaires. L'uniformité de pensée, les référence majeures du XIXe siècles qu'on nous demandait de s'approprier, la dénégation de ce qu'on était et portait comme personne humaine... La vie dévote, non merci! De mon groupe de novices (1984) 1 seul est resté. Depuis ce temps (1984) même si beaucoup de personnes se sont essayées, je crois que 3 seulement ont persévéré, pour des raisons qui leur appartiennent. Tant mieux si elle ont réussi à y faire leur bonheur.
J'en suis finalement sorti... pour tomber dans pire : le Grand Séminaire. Pour faire une histoire courte, disons que j'en suis aussi sorti, ayant clairement vu et compris comment, pour fonctionner dans l'église, il fallait faire concessions après concessions et quelque part, avoir un peu de cette malhonnêteté de bon aloi qui fait qu'on est capable de de cacher qui on est pour pouvoir arriver à ses fins. Mais comme j'avais terminé mon bac et ma maîtrise, et étant devenu quinquagénaire, que pouvais-je faire d'autre que de continuer dans la même institution?

J'étais quand même devenu un bon théologien et je me débrouillais pas trop mal en droit canon et en Histoire de l'Église. Que me restait-t-il alors comme place dans cette Institution? Agent de pastorale laïc ou diacre permanent. Le diaconat ne m'a jamais intéressé. Donc, sans l'avoir choisi, je suis devenu agent de pastorale laïc. Je suis conscient maintenant qu'on ne me l'a fait difficile et je l'avoue, souvent je me suis arrangé pour qu'il en soit ainsi. Cette période a été la plus enrichissante de ma vie. Sûrement à cause de l'emploi! On nous demande des études universitaires (nécessaires j'en conviens) mais on nous paie comme du cheap labor. Ce n'est que quelques années avant la retraite, pas beaucoup d'ailleurs, que j'ai eu droit à un fond de pension.
Par contre, côté relationnel, WOW! Peut-être le fait de n'avoir eu aucune formation en pastorale de terrain m'a-t-il permis de réussir, si on veut bien me passer l'expression. Parce que c'est là que tout se joue, dans les relations. J'ai appris à sortir de mes zones de confort, à être avec, à aider, à seconder, à épauler, quelquefois à décider... J'ai appris, entre autres, à communiquer, à présider des liturgies, bâtir des homélies, à recevoir des familles en deuil, à former des gens dans la joie et sans stress... Alain a enseigné ça à Alain et il en est mauditement fier.
À la «fin de ma carrière» on me demande de passer du Lac-Saint-Jean (milieu mi urbain, mi rural) à Jonquière (milieu ouvrier et de surcroît dans une paroisse qui en a arraché). L'adaptation a été pénible pour moi comme pour mes confrères et consoeur. Mais, à force de travail personnel de part et d'autre, l'harmonie et le plaisir d'être ensemble sont arrivés. Je pense avoir été un bon agent de pastoral.Ceux et celles qui liront ce blog pourront le confirmer ou non...
Fin de carrière que j'étais peut-être le seul à ignorer d'ailleurs. Il semble que ce qu'on m'avait dit à moi et que ce qu'on avait dit à l'équipe de Jonquière n'ait pas été dans le même sens... En juin 2015, j'apprends en même temps que tous mes consoeurs et confrères de l'équipe pastorale que je prends ma retraite à partir de janvier 2016. No cash, no job... Protégeons les bâtisses et foutons à la porte le personnel pastoral qui tient cette Église à bout de bras! Incompétence pastorale crasse des administrateurs. Tout le monde le sait qu'une blapshème de bâtisse peut faite la même job qu'un APL!
Si c'était à refaire, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS je ne prendrais le même chemin. J'aurait plutôt fait mes études en droit notarial... Je serais en moyens et peut-être élever des chevaux Irish Cobs.
Est-ce que je suis heureux? Non! Est-ce que je suis amer? Oui! Amer contre l'Église...Comment faire confiance à une institution qui traite ses employés si cavalièrement, qui donne l'administration de ses biens à de parfaits incompétents (ils ne le sont pas tous, heureusement). Mais il faut toujours suivre la tradition semble-t-il. Elle fait force de loi. N'est-ce pas vrai?
Tous les agents et agente de pastorales savent qu'avec le salaire qu'on gagne, il est presque impossible de s'en mettre de côté à mois d'avoir un conjoint ou une conjointe qui travaille. À moins de 40, 000.00$/année (brut), on peut juste payer les dépenses courantes: loyer, voiture, nourriture, assurances, vêtements, etc.
Donc on arrive à la retraite avec nos 2 chèques «de vieux», un fond de pension ridicule et that's it, that's all. Est-ce qu'on vit avec ça? Non!
Quand je pèterai au frette, j'aurai une funérailles au salon funéraire, présidée par qui voudra bien ou rien du tout... Ma relation ecclésiale a été rompue depuis le 1er janvier et tous liens de même. Ce qui ne veut pas dire que je n'y conserve pas de précieux amis. Bien au contraire! Même des prêtres! C'est pour dire... Pour consommer le tout, comme panégyrique de retraite, j'ai eu droit à l'énoncé de tous mes «défauts pastoraux» de la part d'un membre éminent du clergé... par amitié paraît-il. Accompagné par un tel ami, ai-j besoin de quelqu'un qui me déteste? Pas vraiment!
Comme on dit: «The game is over»... et moi je suis là où il n'y a pas de salut!

J'étais quand même devenu un bon théologien et je me débrouillais pas trop mal en droit canon et en Histoire de l'Église. Que me restait-t-il alors comme place dans cette Institution? Agent de pastorale laïc ou diacre permanent. Le diaconat ne m'a jamais intéressé. Donc, sans l'avoir choisi, je suis devenu agent de pastorale laïc. Je suis conscient maintenant qu'on ne me l'a fait difficile et je l'avoue, souvent je me suis arrangé pour qu'il en soit ainsi. Cette période a été la plus enrichissante de ma vie. Sûrement à cause de l'emploi! On nous demande des études universitaires (nécessaires j'en conviens) mais on nous paie comme du cheap labor. Ce n'est que quelques années avant la retraite, pas beaucoup d'ailleurs, que j'ai eu droit à un fond de pension.
Par contre, côté relationnel, WOW! Peut-être le fait de n'avoir eu aucune formation en pastorale de terrain m'a-t-il permis de réussir, si on veut bien me passer l'expression. Parce que c'est là que tout se joue, dans les relations. J'ai appris à sortir de mes zones de confort, à être avec, à aider, à seconder, à épauler, quelquefois à décider... J'ai appris, entre autres, à communiquer, à présider des liturgies, bâtir des homélies, à recevoir des familles en deuil, à former des gens dans la joie et sans stress... Alain a enseigné ça à Alain et il en est mauditement fier.
À la «fin de ma carrière» on me demande de passer du Lac-Saint-Jean (milieu mi urbain, mi rural) à Jonquière (milieu ouvrier et de surcroît dans une paroisse qui en a arraché). L'adaptation a été pénible pour moi comme pour mes confrères et consoeur. Mais, à force de travail personnel de part et d'autre, l'harmonie et le plaisir d'être ensemble sont arrivés. Je pense avoir été un bon agent de pastoral.Ceux et celles qui liront ce blog pourront le confirmer ou non...
Fin de carrière que j'étais peut-être le seul à ignorer d'ailleurs. Il semble que ce qu'on m'avait dit à moi et que ce qu'on avait dit à l'équipe de Jonquière n'ait pas été dans le même sens... En juin 2015, j'apprends en même temps que tous mes consoeurs et confrères de l'équipe pastorale que je prends ma retraite à partir de janvier 2016. No cash, no job... Protégeons les bâtisses et foutons à la porte le personnel pastoral qui tient cette Église à bout de bras! Incompétence pastorale crasse des administrateurs. Tout le monde le sait qu'une blapshème de bâtisse peut faite la même job qu'un APL!
Si c'était à refaire, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS je ne prendrais le même chemin. J'aurait plutôt fait mes études en droit notarial... Je serais en moyens et peut-être élever des chevaux Irish Cobs.
Est-ce que je suis heureux? Non! Est-ce que je suis amer? Oui! Amer contre l'Église...Comment faire confiance à une institution qui traite ses employés si cavalièrement, qui donne l'administration de ses biens à de parfaits incompétents (ils ne le sont pas tous, heureusement). Mais il faut toujours suivre la tradition semble-t-il. Elle fait force de loi. N'est-ce pas vrai?
Tous les agents et agente de pastorales savent qu'avec le salaire qu'on gagne, il est presque impossible de s'en mettre de côté à mois d'avoir un conjoint ou une conjointe qui travaille. À moins de 40, 000.00$/année (brut), on peut juste payer les dépenses courantes: loyer, voiture, nourriture, assurances, vêtements, etc.
Donc on arrive à la retraite avec nos 2 chèques «de vieux», un fond de pension ridicule et that's it, that's all. Est-ce qu'on vit avec ça? Non!
Quand je pèterai au frette, j'aurai une funérailles au salon funéraire, présidée par qui voudra bien ou rien du tout... Ma relation ecclésiale a été rompue depuis le 1er janvier et tous liens de même. Ce qui ne veut pas dire que je n'y conserve pas de précieux amis. Bien au contraire! Même des prêtres! C'est pour dire... Pour consommer le tout, comme panégyrique de retraite, j'ai eu droit à l'énoncé de tous mes «défauts pastoraux» de la part d'un membre éminent du clergé... par amitié paraît-il. Accompagné par un tel ami, ai-j besoin de quelqu'un qui me déteste? Pas vraiment!
Comme on dit: «The game is over»... et moi je suis là où il n'y a pas de salut!



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