Combien de fois m'a-t-on dit ou fait sentir récemment que l'allure que j'ai (que je me donne) soit: ne correspondait pas à l'allure que je devrais avoir à mon âge, n'était pas à la mode, que ça ne correspondait à mon «être intérieur» [sic!], et autres billevesées du même acabit. Le problème majeur c'est que j'ai 65 ans, bientôt 66, et que j'ai les cheveux grisonnants et longs, des piercings aux 2 oreilles et des rouflaquettes. QUE C'EST QUE ÇA PEUT BEN FAIRE?
Personnellement, je trouve que bien rasé, les cheveux bien coupés, pas un poil qui dépasse, j'ai l'air d'un parfait nobody, un pareil à tout le monde, un fac-simile de quelqu'un d'autre, genre le produit d'une société telle que décrite dans le roman 1984 de George Orwell. Tout le monde il est pareil, tout le monde il pense pareil, tout le monde il s'habille pareil.
Malheureusement (ou heureusement, c'est selon) je ne suis pas un nobody. Je suis un somebody et je n'entends pas être autre chose. Je ne vois aucune utilité à disparaître dans la masse. Je suis quelqu'un... Comme le Numéro 2 dans la sérié télévisuelle «Le Prisonnier» je crie haut et fort: «Je ne suis pas un numéro!!!!»
Toute ma vie, j'ai correspondu à l'image qu'on voulait que j'aie, que ce soit dans la famille, ou pour le travail sautf durant ma période «hippie»ou comme tout le monde j'avais les cheveux longs avec tout ce qui va avec.
Maintenant, 45 ans plus tard, je suis ca...
Pi? Que c'est que ça peut ben faire que fait que j'aie les cheveux dans le cou, des studs de zirconium cubic accrochés aux lobes d'oreilles (studs qui m'ont coûté une coche soit dit en passant), des lunettes genre 1960, etc... Personne n'est obligé de la regarder ma face... Il y a habituellement tout plein de place de chaque côté pour regarder d'autres choses.
J'ai décidé, comme je n'ai plus de lien d'emploi avec rien ni personne, que j'aurais l'allure que je voudrais bien. C'est non négociable! Si ma face te revient pas comme elle est, je ne te retiens pas... pousse-toué!
Que j'aie les cheveux dans le milieu du dos ou la boule à zéro, c'est ma décision et si je l'ai prise, c'est que je suis capable de l'assumer.
C'est un peu comme la langue que j'utilise... Je ne suis pas un Français de France ni d'ailleurs et encore moins in «Français international». Je suis un Québécois fier de son pays et de sa parlure avec les jurons colorés et religieux ainsi que de ses mots d'un autre âge... Je n'ai aucune honte, ni regrets à dire: qu'ess tu veux que ça m'crisse? Ou bien: J't'ai assez vu, décâlisse! Et encore: Va me qu'ri une biére! Y mouille à siau! Etc.
Pour revenir à mon propos, avec une couple de claques sur la doublure, même avec la tête que j'ai, en complet veston et cravate (ou noeud papillon), je demeure assez potable comme bonhomme... C'est comme «rentrer dans le rang» des milliers d'autres anonymes qui se côtoient journellement. Je n'ai pas envie d'être un anonyme... ce qui me fait me dire: tu te souviendras peut-être pas de mon nom, mais ma face tu vas t'en souvenir! 'Stie!

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