vendredi 2 septembre 2016

PARLE-MOI DE MOI

Quand on prend une marche dans le bois, quelquefois on s'arrête soit pour se repérer, évaluer la distance parcourue, prendre un temps d'arrêt pour profiter de l'instant présent ou simplement choisir dans quelle direction on veut continuer. C'est un peu ce qui me pousse à écrire ce texte aujourd'hui.

Rendu à un croisement, celui où le certain âge se confond avec l'âge certain, retraité, n'ayant plus aucun lien d'emploi, même si je n'en ressens pas le besoin, j'ai comme une curiosité qui me porte à jeter un coup d'oeil en arrière sur ma «carrière» d'agent de pastorale laïc.

La mise à la retraite s'est plutôt mal passée... dans les fait, puisqu'il faut dire les choses comme elles sont, on m'a foutu à la porte parce que j'avais atteint 65 ans et comme l'Institution qui m'employait place des incompétents crasse dans des postes administratifs, le manque de fonds m'a fait traverser la porte de sortie assez rapide...  Mais je l'ai vue passer! La décision s'est prise sans que je sois officiellement consulté et la manière dont ça s'est passé n'est absolument pas digérée ni assumée. Je pourrais traduire la procédure comme suit: «T'as 65 ans, on n'a pu de cash, décrisse!»

Mais ce n'est un secret pour personne que notre Sainte Mère, catholique, apostolique et romaine, n'a de respect que pour sa hiérarchie (curie diocésaine principalement et encore), son clergé, ses bailleurs de fonds, ses bénévoles et les gens (âgés pour la majeure partie) qui y croient et la croient encore. Ses employés ( 20 ans de pratique et une certaine lucidité me l'ont bien démontré), ceux et celles qui sont sur le terrain, sont tous et toutes assis-es sur des sièges éjectables. Aussitôt que l'occasion se présentera, bye bye, ils ou elles seront parti-es. Nous ne sommes, dans les faits, que des «utilités» qui maintiennent  à bout de bras une institution de moins en moins crédible et de plus en plus dépassée par son époque. 

Mais voilà! J'ai été éjecté par une institution qui ne voulait plus de moi donc, je l'ai éjectée de mon univers... Je conserve les liens d'amitié, car il y en a.  Le reste? F*** off?

Bien sûr, les âmes bien pensantes me taxeront d'aigri, d'amer, etc... Mais ça ne me touche tellement pas! Parce que je ne le suis pas... Et que de toute façon je me fous pas mal de ce qu'on pourra ou pourrait dire de moi. On m'a déjà «câllé» une couple de fois à la «maison-mère» pour des propos, qui se sont avérés vrais, je le souligne en passant, que j'avais tenu sur Facebook mais qui se démarquaient clairement de la langue de bois ecclésiale et du «politically correct»qui fait force de loi dans cette institution qui ne peut regarder la vérité en pleine face. C'était tellement simpliste que ça en était presque hallucinant de stupidité et de naiserie. Mais, par la suite, j'ai continué comme si de rien n'était et c'était très bien ainsi et ce l'est encore.

Non, je ne suis pas frustré parce que j'ai fait de la maudite belle et bonne job avec les jeunes de première communion et de confirmation, avec la présidence de dernier adieu, avec les catéchèses données à l'inter-générationel, avec les formations destinées aux ministres extraordinaires de la communion et aux lecteurs en liturgie.... et j'en suis fier!

Ai-je des regrets? Oui, évidemment! Celui d'avoir fermé ma gueule trop souvent, d'avoir refusé de tenir mon bout parce que c'était perdu d'avance. Celui d'avoir fait semblant d'être politiquement correct parce que je n'avait plus envie de me battre contre plus fort que moi. Celui d'avoir été lâche devant l'arbitraire de certaines personnes... 

Je pourrais continuer encore, mais ce sera pour une autre fois... peut-être.

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