mardi 23 août 2016

SOLIDITÉ? RÉSILIENCE? TÊTE DE COCHON?

Dans la vie on a deux choix. Ou on subit, ou on décide de ne pas subir...

Ça paraît tellement simple mais en même temps, c'est tellement compliqué. Nos vies personnelles, à tous et à chacun, sont tissées d'éléments, souvent contradictoires, qui nous empêchent de mener de la façon la plus sereine possible ou tout simplement notre vie comme on voudrait la mener... Malheureusement, nous n'avons aucun contrôle sur ce qui arrive dans nos existences personnelles.

Face à des éléments positifs, nous sommes heureux et contents. Quelque part, c'est comme si c'était normal, attendu et même dû. «Ça arrive parce qu'on le mérite!» Rien n'est moins sûr... Quelques fois, c'est évident, le succès est le fruit d'un travail, parfois acharné. D'autres fois, même après avoir fait les efforts nécessaires, les résultats positifs ne sont pas au rendez-vous. C'est dans de telles occasions, qui ne sont pas rares dans une vie, que la déception, la rancoeur, la dépression se forment et s'enracinent dans l'esprit et le coeur de l'humain.

Peut-être suis-je complètement à côté de la coche, mais j'ai l'impression que la génération qui succède à la mienne, et même la mienne je ne m'en cache pas, avons tout eu cuit dans le bec. Pas besoin de faire d'effort, de se «forcer» pour obtenir quelque chose, de faire face, debout, à l'adversité. On dirait qu'en bas de la soixantaine, on ne sait plus comment se donner la peine: se donner la peine de réfléchir avant d'écrire un texte rempli d'erreurs d'orthographe, de vocabulaire, de syntaxe et même des plus élémentaires éléments de grammaire française mais quand même les professeurs ne savent plus conjuguer, ça devient comme la normalité. C'est écrire un français potable qui devient hors normes; ne pas se donner la peine de dépasser les niaiseries superficielles qu'on rencontre à la tonne sur les réseaux sociaux (c'est trop kioute, c'est trop beau, hé que vous être beaux, bisous... ou  encore démontrer une violence inappropriée et sans discernement accompagnée du plus de sacres possible); de ne pas travailler au bonheur de son couple parce que si ça marche pas avec celle-là, je vais m'en prendre une autre... 

Peut-être suis-je à côté de la coche, mais l'inaptitude de nos jeunes à faire les efforts nécessaires pour faire face à la vie crée une sorte de mal-être, de mal à la vie et à l'existence qui, faute de s'en être préoccupé, mène directement au suicide. 

Je suis conscient que c'est une analyse assez simpliste qui ne tient peut-être pas la route, mais, pour plagier Aznavour dans La Bohème, je viens d'un temps que les moins de 40 ans (50???) ne peuvent pas connaître. J'ai appris (merci aux Frères de l'Instruction Chrétienne et à leur éducation humaniste) à m'arrêter et à regarder la société qui m'entoure et à tirer mes conclusions. J'ai appris à «écouter ma curiosité» et à aller voir... J'ai appris à considérer le monde dans lequel je vis non selon l'idée ou l'image que je m'en fais mais selon ce qu'il EST, que ça me plaise ou non, que ça fasse non affaire ou non. Et, face à la réalité, quitte à passer pour un défaitiste, je ne vois pas d'autre choix que de l'assumer telle qu'elle est.

Je ne dénigre pas ceux et celles qui font d'énormes efforts de solidarité pour tenter, selon leurs moyens, de rendre nos sociétés meilleures. J'admire leur persévérance et leur ténacité. Mais, personnellement, je n'y crois plus... depuis longtemps. On m'a déjà dit que j'étais lucide... trop lucide. Je suis le premier à trouver ça plate la lucidité, ça m'emmerde la lucidité. J'aimerais ça moi aussi rêver à un monde meilleur, à des hommes et des femmes meilleurs, à un monde sans guerre... Mais chu pu capable... Depuis des dizaines d'années j'observe le Monde pour me rendre compte que les choses, au lieu de se renmieuter, rempironnent.

Je reviens donc à mon propos... Dans ma vie, qui commence à avoir une certaine longueur, les bouts positifs on été pas mal plus rares que les bouts négatifs. Pourtant, malgré tout, je crois encore au bonheur. Ça aurait été extrêmement facile de me laisser aller à ressasser mes malheurs, vrais ou supposés, à me complaire dans une espèce de tristesse sans fond, un éternel spleen. Mais une vie plate, j'ai pas vraiment d'intérêt là-dedans.

Psychologiquement, je suis bâti de façon à «attendre le prochain boutte le fun» parce que je suis sûr qu'il y en aura. Il ne peut pas ne pas y en avoir... Pour l'instant, je suis pauvre comme Job assis sur son tas de vidanges. Les vieux diraient que «je crotte sec» avec raison. Qu'est-ce que ça me donnerait de m'appitoyer sur mon sort en me lamentant que ma vie c'est d'la marde, même si c'est vrai? Rien pan toute... J'essaie simplement de survivre du mieux que je peux...

Comment je fais? Peut-être dans le fond est-ce que je possède une certaine solidité qui me surprend parfois, peut-être fais-je preuve d'une étonnante résilience malgré mes emmerdes de ma vie ou simplement que j'ai une maudite tête de cochon... ou un petit peu des trois?

Fin des années 60, début 70, le philosophe Marshall McCluhan écrivait dans son ouvrage L'homme unidimensionnel  quelque chose comme : «Le médium ne transmet pas le message; le médium EST le message». Peut importe la façon dont on la perçoit, cette petite phrase est encore très actuelle pour le XXIe siècle... plus que jamais. La vie ne colporte pas de messages, la vie EST le message.

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