mardi 16 août 2016

PETITES VUES SUR L'ERDOGANISTAN

Depuis juillet, l'Erdoganistan, appelée Turquie il y a encore peu de temps,  telle la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf, prétend faire plier l'union Européenne, l'O.T.A.N., les Etats-Unis et la coalition des forces alliées visant à l'anéantissement de Daesh. Dernière exigence? Que les Pershmergas (les forces Kurdes) quittent le territoire de la ville Mandjib dont ils ont participé grandement à la libération. Chacune de ses exigences a reçu une fin de non recevoir sauf la remise de quelques militaires ou autres qui avaient fui le Turquie après le putsch raté.

Personne ne peut nier que le sultan Recep Tayyip possède deux cartes importantes dans son jeu: les réfugiés de Syrie qu'il retient hors des frontières de l'Union Européenne et une grande partie du pétrole russe qui transite ou traverse le territoire de son État. Il a déjà d'ailleurs déjà menacé l'Union Européenne d'ouvrir les frontières et ainsi, provoquer le pire invasion massive d'immigrants jamais subie par l'ensemble des pays européens.

Dernièrement, il a tenté un rapprochement avec la fédération russe. Pour ce faire, il a été obligé de faire des excuses humiliantes au président Poutin (ce qu'il avait dit qu'il ne ferait jamais) et payer une bonne somme à la famille du pilote de russe l'avion abattu par son armée. Mais il ne faut pas oublier que depuis quelques années, les relations turco-russes étaient plutôt inamicales. De plus, Poutin n'a aucune confiance  Erdogan ni son gouvernement ce qui ne crée pas un rapport très sain entre les 2 états. Autre rapprochement, celui avec la Syrie. Le président  syrien a déjà les mains liées par la guerre de pouvoir entre lui, les rebelles et Daesh qui pourrait encore perpétrer des attentats dévastateurs.

D'un autre côté, l'Union Européenne, si elle a condamné le coup d'état raté du 15-16 juillet, a été très critique quant à la purge déclenchée par le sultan Recep Tayyip immédiatement après. Elle l'a d'ailleurs averti que le rétablissement de la peine de mort abolie en Turquie depuis 1984 et la non observance des règles d'un état de droit verrait sa demande d'adhésion à l'Union Européenne annulée ipso facto. Même son de cloche de la part de l'O.T.A.N., expulsion de l'organisation en cas de non respect de l'état de droit.

Or le sultan envoie pratiquement promener tout le monde, ce qu'il n'a absolument aucun intérêt à faire. L'Erdoganistan isolée deviendra une sorte de Corée du Nord, refermée sur elle-même, plus ou moins (moins que plus) soutenue par la Russie, selon les intérêts de celle-ci.

À ne pas rejeter du revers de la main. Même si l'opposition officielle est en train d'être muselée (ou de se museler elle-même pour pouvoir survivre), entre 60 et 80 mille personnes un été renvoyées ou suspendues de leur emploi. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces personnes n'ont rien qui puisse les inciter à appuyer ce gouvernement dictatorial. Si le sultan a pu compter sur un appui massif de la population, les lendemains de la purge risquent d'être moins positifs pour lui. Les rassemblements massifs des semaines qui ont suivi le putsch sont à prendre avec un certaine circonspection. Le peuple commence à trouver que cette purge va loin, trop loin. Il réalise que tout ce qui apparaît critique du sultan et de son gouvernement est considéré comme terroriste. Les Turcs sont bien au fait de ce qui se passe dans les prison turques: les prisonniers son battus, torturés, violés. Le peuple commence à avoir peur. À la longue, la grogne et la colère surpasseront la peur et le pays deviendra un baril de poudre.  Avec les Kurdes qui font des attentats à la frontière et Daesh dans le paysage, la situation pourrait bien devenir intenable pour Erdogan. Les Turcs ont une longue histoire de coups d'état réussis.

Qu'on se souvienne il y a peu de temps... Saddam Hussein, Muammar Khadhafi...   Le peuple turc a démontré, les 15 et 16 juillet, combien il pouvait être sauvage, brutal et barbare: on a pu voir des soldats désarmés, donc sans défense, battus sauvagement par la foule, certains on été lynchés, d'autres égorgés, d'autres décapités... Cela fait partie de la nature même des Islamistes, pas de l'Islam. La laïcité, un des thèmes qui a fait élire Erdogan, est d'ores et déjà remplacé par un état islamiste religieux.

Il me semble qu'à la place d'Erdogan, je commencerais à réfléchir sur l'avenir de son empire... le vent tourne quelquefois assez rapidement...





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