mercredi 17 août 2016

LA DOULEUR... VIVRE AVEC

La douleur... Quelle chose étrange que la douleur, qu'elle soit physique, psychologique ou morale. Rares sont les êtres humains qui ne l'ont jamais rencontrée. Quoi faire avec? Comment se comporter face à elle? La contrôler? La dominer? La contrôler? L'accepter?


La façon dont on aborde la douleur dépend toujours de notre histoire et de notre vécu personnels mais aussi, peut-être plus, de notre personnalité et de la façon dont dont «deale» avec la vie. Elle peut prendre toute la place ou seulement celle que notre tolérance physique, psychologique ou morale lui laisse.

Certes, toute douleur peut se contrôler à l'aide de médicaments, de traitements dits naturels ou holistiques. Mais si la colère, la prostration ou la frustration, réactions négatives, qu'elle génère habituellement ne font pas place à ne fut-ce qu'un soupçon de pensée «positive», alors on est confronté à cette colère, cette prostration ou cette frustration pour le restant de notre existence.

Alors, doit-doit-on accepter la douleur? La douleur est inacceptable. Rien ne peut justifier la souffrance, absolument rien. Alors, comme disait Sol (pas Zanetti mais le clown de la Boîte à Surprises) : «Que faire? Que faire?»

Je ne peux vous parler que de mon expérience. 2013 (donc je ne vous conterai pas ma vie) diagnostiqué cancer de la prostate avancé et agressif. Traitement proposé par l'urologue: radiothérapie suivi d'hormonothérapie... Bien sûr, la chimiothérapie n'a causé aucune douleur. Mais la préparation immédiate à celle-ci, oui. Si j'avais trouvé la biopsie douloureuse, je n'avais encore rien vu. L'insertion de marqueurs en métal dans la prostate... c'est entrer dans les ligues majeures. La radio oncologue m'a dit que j'étais courageux parce que des hommes beaucoup plus grands et mieux bâtis que moi n'avaient cessé de se plaindre, même pleurer et de lui rendre la tâche difficile en bougeant. On s'entends que la voie anale, ce n'est pas exactement le boulevard Talbot... Mais était-ce vraiment du courage? Non! Définitivement non!  Face à une situation sur laquelle je n'avais pas le contrôle quel choix me restait-il? Accepter  la situation, sans peur, crainte, ni restrictions mentales (colère, impuissance, etc.) et la vivre le mieux possible si cela est possible.  Dans mon esprit, je n'ai fait que ce que j'avais à faire.

Par la suite, diagnostic d'arthrite rhumatoïde et une vertèbre fracturée une semaine plus tard. Là encore, j'aurais pu sombrer dans la colère, le frustration et le déni, parce que une telle douleur est presqu'insupportable. En bout de ligne, qu'est-ce que ça m'aurait donné? Rien! Je me suis même aperçu que le refus d'accepter la situation et le fait avait pour effet d'amplifier la douleur...

Et je refuse d'être né pour souffrir. Je ne veux pas souffrir. Ni mon corps ni mon esprit ne veulent souffrir et... j'ai du mal... et j'en aurai aussi longtemps que durera ma vie. Je sais donc à quoi m'attendre. Je ne crois pas qu'accepter cela soit un signe d'impuissance (ni de puissance d'ailleurs). C'est seulement le fait d'un homme qui accepte une réalité qu'il ne peut changer en espérant pouvoir la vivre avec le plus de sérénité possible pour ne pas que sa vie devienne un enfer... Ce n'est pas du courage... c'est plutôt l'instinct de survie qu'il faut aller récupérer parfois bien loin au fond de soi, au coeur de ce qu'on est et de qui on est.

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