lundi 10 octobre 2016

MOI, JE PARLE FRANÇA...

Je ne suis certainement pas réputé pour mon «bon parler français».  On peut dire, à la rigueur, que je parle frança... On dit encore parfois, malheureusement, «parler joual». Je trouve l'appellation un tant soit peu injuste. Si j'utilise cette langue propre au Québec, c'est parce qu'elle a une couleur spéciale que le français, celui de France et l'international, ne possèdent pas. Je dirais cependant que «joual», ça sonne pas mal mieux et plus doux que cheval ou ch'fal (remarquez qu'on prononce ch'fal et non ch'val).

Allez! Monte dans la voiture! Je ne sais pas pourquoi mais ça sonne terriblement moins intéressant que; «Enwoueille! Embarque dans l'châr!». Remarquez que «embarque»est un terme de gens de mer, tout comme «débarque», «greiller» comme dans «greille-toué, on s'en va...», «grément» ou «grement» comme dans «yousque tu va avec ton grement?»

Quand j'étais tout jeune, on pouvait reconnaître la région de quelqu'un grâce à son accent. C'est dommage, mais on a perdu cela en cours de route. Si les gens de Monrial se moquent encore de notre accent, il faut avouer ce celui-ci est presque disparu et, soulignons-le, l'accent du Saguenay était différent de celui du Lac-Saint-Jean mais dans les deux,  le J était remplacé par un H expiré par la gorge comme je J espagnol. Qu'on se rappelle cette mauvais plaisanterie: Saint Hean l'Évanhélisse de Béhin... Mais, s'il reste encore de réelles traces de cet accent, celui-ci est en voie de disparition, lentement mais sûrement... Même l'accent de Monrial se transforme et a tendance à s'implanter dans toutes les régions du Québec. En région éloignée, il est comme encore plus présent (exemple, Kevin Parent) mais là aussi ça viendra. Le même phénomène se produit en France... De plus, en plus les accents régionaux deviennent «parisiens».

On leur a même emprunté quelques expressions: clopes, cramer,  mais pas drugstore (droguesteure, comme ils disent) que nous appelons encore pharmacie... gratos pour gratis... en bilingue, ça donne «j'ai eu les billets full gratos». Un Français aurait dit: un ticket (prononcé tiquè)

Je passe par-dessus l'usage de l'anglais que s'explique par notre entourage: il est entouré par le Canada  à l'est et à l'ouest et les USA au Sud, 2 nations officiellement unilingues anglophones malgré ce que le fédéral cacanadien  en dira.

Je sacre, et beaucoup. Nos jurons sont soit religieux, les sacres en questions, ou scatologiques, ou sexuels pour la plupart... «Heille mon crisse de moron, tu peux ben aller te crosser avec une pognée de braquettes pi manger un hostie de châr de marde, çalisse!» Nos injure ne sont ni plates, ni sans couleurs. Par contre, nous n'avons pas de jurons à saveur (???) homosexuelle comme «va te faire foutre». Par contre, «fuck you»  et «fuck off» sont amplement utilisés.

J'aime cette langue. C'est comme préférer le pâté chinois aux huîtres... C'est comme parler en couleurs au lieu de parler en noir et blanc... Et je la parlerai tant que je serai compris...








Aucun commentaire:

Publier un commentaire