Est-ce que la sortie de la Grande-Bretagne est comparable à une hypothétique indépendance du Québec?
Tout observateur d'ici a eu tôt fait de se poser la question. Il y a des points de convergence mais, au départ, la situation est totalement différente.
Choix:
Les Britanniques ont choisi, à un moment donné de leur histoire, de faire partie de l'Union Européenne. Cette appartenance, la longueur de ce contrat, aura duré 43 ans. La parti "âgée" de la population n'y a pas trouvé son compte, supportant mal le flot ininterrompu d'immigrants de l'Asie, de l'Afrique, des pays du Magreb et de plus loin encore, dont la présence constante et visible les irritait, entre autres, tout comme l'impact financier que cette masse d'immigrants exerçait sur l'économie nationale.
Les "plus jeunes" n'ayant jamais vécu hors de l'Europe, en autarcie pourrait-on dire, ne connaissaient pas autre chose, ce qui explique le pourquoi de leur vote majoritaire pour rester dans l'union. Pour eux, l'absence de frontières, était un état de fait. Mais, deux régions du Royaume-Uni ont voté majoritairement pour demeurer dans l'Union: l'Écosse et l'Irlande du Nord. Ces deux "états" ont besoin de l'Europe pour leur économie. Le seul soutien de l'Angleterre est loin de représenter les entrées de fonds générées par l'appartenance à l'Union.
À court terme, je ne crois pas que l'Irlande du Nord, l'Ulster, veuille faire sécession de la "Mère-Patrie". Elle est tout ce qui reste de britannique de la grande Irlande. L'Eire a réussi à se maintenir malgré une situation financièrement périlleuse dans ses débuts de pays et de nation libre de l'hégémonie britannique.
Pour l'Écosse, il s'agit de regarder son histoire. On ne dit pas à un Écossais qu'il est Britannique. C'est une insulte grave. Ce pays a été conquis et soumis par la force, les armes, et le nombre des Angles qui sont demeurés après la conquête. La politique a fait le reste.
L'Écosse possède peu de ressources naturelles et de ce fait, a donc besoin d'exporter à grande échelle ses produits haut de gamme, entre autres ses whiskies de luxe et ses dispendieux lainages de Shetland qui coûtent un bras.
Québec:
Le Point le moins semblable entre Québec et la Grande-Bretagne, c'est que la Constitution qui est la base juridique de cette fédération qu'on appelle le Canada, nous a été imposée. De plus, lors du rapatriement de la dite Constitution, qui était conservée en Angleterre, toutes les provinces l'ont ratifiée avec la signature de leur premier ministre, toutes sauf une... le Québec (qu'on a volontairement et traîtreusement mis de côté)! Peut-être, qui sait, cela fait-il de nous les cons de la fédération?
Mais, contrairement à l'Écosse, nous possédons les talents, l'expertise, les moyens financiers et les ressources naturelles pour nous développer en toute autonomie comme pays. Nous avons tout ce qu'il faut... sauf la volonté populaire de le faire.
Nous subissons la situation. Nous donnons une grande partie de nos ressources à la fédération canadienne qui s'en sert souvent à nos dépens. D'où vient cette apathie, cette paresse politique, cette non-volonté de prendre notre destin en main, de vouloir être maître chez-nous?
De notre Histoire, peut-être... L'occupation a été lourde, très lourde, ce qui arrive fréquemment quand la première volonté de l'occupant est d'assimiler les conquis, lourdeur anglaise qui a duré jusque dans la première moitié du XXe siècle. Les Anglais ont les postes de commandement partout en affaires, dans l'armée, etc.
Que nous est-il resté? L'Église! Cette Église que le petit peuple de langue française, non instruit et non éduqué des premiers siècles de la colonisation, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, a pris comme défenseur, comme sauveur, comme la seule force pour le protéger contre l'envahisseur. Cette Église, catholique, ultramontaine à outrance, qui, comme l'envahisseur, s'est plu à contrôler ceux qui se nommaient les Canadiens, puis les Canadiens-Français, à maintenir la majorité du peuple dans l'ignorance, la pauvreté et surtout l'obéissance au clergé.
Les Canadiens-Français se nomment maintenant Québécoises et Québécois. Ils sont de plus en plus instruits et de moins en moins catholiques. D'obéissants, ils sont devenus indifférents. Mais, quelque part, on sent qu'il y a quelque chose qui commence a ressembler à une recherche... une recherche de prise de parole, une recherche du droit d'exiger que notre bien commun soit pris en compte, respecté. une recherche d'être écouté, pris au sérieux. Le printemps érable en a été la première manifestation.
La fondation de Québec Solidaire, de la Coalition Avenir-Québec, d'Option Nationale (que je considère comme le parti le plus lucide sur le pays à faire et à bâtir et les moyens pour y arriver), vont peut-être créer un réveil politique, de centre, de droite ou de gauche qui germera en quelque chose de différent, une nouvelle manière de faire de la politique, un changement dans la rotation des deux vieux partis qui, quelque part, ne sont pas si différents l'un de l'autre, sauf peut-être, dans la brutalité avec laquelle ils imposent leurs politiques de coupures et d'austérité aux dépends des personnes qui les ont élus.
Brexit = Quexit?
Peut-être, il est encore beaucoup trop tôt pour le dire, mais la chose n'est pas impossible. Nous verrons dans quelques années. Cependant, la chose est probable du côté de l'Écosse qui a déjà un projet de référendum pour réintégrer l'Union Européenne comme pays indépendant sur la table. En Espagne, sous le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, il est évident que la Catalogne n'y trouvera pas son compte.
Un peu comme le Québec, la Catalogne a les moyen de se bien faire vivre de façon autonome et libre. Comme le Québec elle envoie énormément d'argent à son administration fédérale, à Madrid, avec peu de retours d'ascenseur. Elle aspire à être maître chez elle, avec ses institutions propres, sa langue nationale, le catalan, sa langue seconde, l'espagnol, etc.
Quel sera l'avenir de ces trois volontés d'autonomie (je nous inclue) dans un avenir plus ou moins rapproché? Ben r'gardons-les ben aller! On sera peut-être surpris!
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