JE SUIS UN DINOSAURE...
Il y a peu de temps, je me désolais, sur ma page Facebook, de la pauvre qualité de la langue écrite qu'on y retrouvait. Vous me direz, avec raison, que les médias sociaux, quels qu'ils soient, ne sont pas un lieu d'apprentissage linguistique, qu'une langue est un outil de communication qui doit évoluer avec son époque, et peut-être vous direz-vous: «Pour qui y s'prend pour critiquer la façon dont le monde s'exprime?» Et je vous donnerais raison sur toute la ligne. Surtout que, moi aussi, je coupe au plus facile, au plus court, et que la qualité de mes textes facedulivresque et messengérien est exponentiellement en deça de ce qu'elle devrait être. Facebook m'a encouragé à me vautrer dans la paresse intellectuelle.
Et pourtant...
Et pourtant ce n'est pas faute d'avoir assimilé une écriture linguistique potable. Je viens d'une autre époque, d'un temps où le système scolaire, dès le primaire, avait pour but de nous donner tous les instruments nécessaires pour en arriver à avoir une certaine qualité de communication. L'écriture venait en premier lieu. Je n'ai jamais appris à écrire en lettres carrées. On apprenait nos lettres non par reconnaissance visuelle, ce qui, on le voit bien aujourd'hui, à produit de jeunes adultes qui peinent à lire (et qui, il faut bien le dire, ne lisent pas) et la génération qui monte sera encore pire, mais on apprenait nos lettre en les écrivant. Et certaines de nos lettres n'avaient pas de ti chapeaux, elles avaient des accents: e accent aigu (é) e accent grave (è) et e accent circonflexe (ê). J'ai comme le mauvais pressentiment que les futurs enseignants seront des analphabètes fonctionnels.
Mais en plus de nous apprendre l'alphabet, cette ancienne méthode désuète commençait à nous faire réfléchir sur la mécanique de l'écriture. Si on écrit quelque chose de telle façon, c'est parce que cette façon donne un sens précis à mes mots. Ex. Un pêcheur va à la pêche et un pécheur commet des péchés. Je suis aller leur montré... La phonétique n'a rien à voir avec l'écriture. Même les ados du secondaire ne font plus la différence.
De plus...
Arrivés au secondaire, nous étions mis devant un choix de trois options: cours général, qui était conçu pour ceux qui se destinaient au travail plus manuel, cours scientifique pour les forts en maths et cours classique pour les forts en thèmes, dont je faisais partie. En maths et sciences, je suis pourri. À cette époque, à Arvida, une communauté religieuse avait à sa charge l'enseignement du secondaire pour les garçons. Les F.I.C. Les frères de l'Instruction Chrétienne.
Non seulement ces enseignants nous faisaient-ils vivre nos apprentissages estudiantins en latin, grec, etc, mais ouvraient nos esprits à la curiosité intellectuelle, nous apprenaient à faire des choix en dehors du «j'aime ça / j'aime pas ça», et non seulement à réfléchir mais encore à étayer notre réflexion sur des éléments sérieux et discutables en positif et/ou négatif.
Mais tout cela fait maintenant partie de notre histoire nationale et comme notre histoire nationale n'est plus enseignée... Et ça donne un peuple de sous-instruits, incapable de prendre des décisions pour son propre bien, qui se laisse dépouiller de ses institutions sans mot dire par des politicien corrompus et qui souvent, nous fait nous comporter en vaincus d'avance ce qui nous fait dire: «Restons avec le peu qu'ils sont bien voulu nous laisser, vu qu'on mérite pas mieux.... Vive la dépendance du Quouébec!»


J'aimerais ajouter aussi que les parents sont pratiquement incapable d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs avec les nouveaux termes et cette dernière réforme.
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